Monument Léopold II
À quelques mètres du Palais royal, face à la Banque Nationale, se dresse la statue équestre de Léopold II. Érigée en 1926, elle rend hommage au deuxième roi des Belges.
Léopold II y apparaît droit et conquérant, le regard tourné vers l’horizon. La posture, la hauteur du socle et les dimensions de la statue participent à une mise en scène de puissance et de grandeur nationale.
Mais ce monument ne célèbre pas qu’un “roi bâtisseur”. Il glorifie également un règne indissociable d’un système colonial d’une violence extrême.
Monument Léopold II, avec un sticker « Ce monument efface les violences coloniales » collé sur un poteau adjacent à la statue. © Charlotte Pers
Les historien·nes estiment que ce passé colonial a entraÎné la mort de 10 à 15 millions de congolais·es.
Ce n’est pas un hasard si cette statue se dresse face à la Banque Nationale. Les richesses issues du régime colonial ont contribué à l’essor économique de la Belgique et au développement urbain de Bruxelles.
La statue ne représente donc pas seulement un roi : elle incarne un système dans lequel le pouvoir politique, le pouvoir économique et l’exploitation coloniale se renforÇaient mutuellement.
Le monument comporte même, à l’arrière, une plaque indiquant que le cuivre et l’étain de la statue proviennent du Congo belge et ont été fournis « gracieusement » par l’Union Minière du Haut-Katanga.
La formulation de cette inscription invisibilise complètement les conditions réelles d’extraction de ces ressources, marquées par la violence et l’exploitation coloniale.
Cette inscription, et le monument de manière général, restent inchangés depuis l’époque, sans aucune contextualisation à ce jour.
Cette statue fait beaucoup parler d’elle. Alors que son retrait semble impossible, nous vous proposons un récit alternatif pour décoloniser ce monument, co-créé avec une actrice de terrain.